Chronique éducation du jeudi 07/11/19 : Cantines scolaires pour les collèges !!!

La situation malheureuse des élèves du primaire qui a amené l’Etat à la création des cantines scolaires s’observe dans certains lycées et collèges du Bénin. C’est ce que nous dit Prévert DJOSSOU qui souhaite que ces cantines soient étendues au collège pour alimenter les enfants. Cantines scolaires aux collèges, c’est le titre de sa chronique.

Peut-on étendre légèrement les cantines scolaires aux collèges d’enseignement général ? La réflexion intervient parce que la réalité dans certains milieux donne matière à plaindre. Non seulement, les enfants parcourent des kilomètres à l’aide du « train 11 » pour arriver au cours, mais également ils doivent résister à la faim pendant la recréation et à la pause de midi. C’est le schéma réel de la situation de certains apprenants des lycées et collèges du Benin. Ils sollicitent parfois l’aide des professeurs pour mettre fin à la *bagarre ventrale*. Si la cantine scolaire a été chose possible dans les écoles primaires, ne peut-elle pas l’être au secondaire?
La prise en charge de la nourriture des élèves dans 1574 écoles primaires sur toute l’étendue du territoire national annoncée à la veille de la rentrée académique 2017-2018 avec une cagnotte de 27 milliards suit son cours et donc a encore deux ans devant elle. Ce projet sur quatre ans mis à contribution est géré par le Programme Alimentaire Mondial, le bras opérationnel de l’exécutif béninois en la matière.
On pourrait dire que l’initiative est noble et aide à régler un problème. Selon le ministre de l’enseignement maternel et primaire, Salimane Karim, « le ventre affamé n’a point d’oreilles. Si l’enfant n’a pas à manger à la maison, il faut qu’il puisse en trouver à l’école ».
Alors, le faire au collège, tout au moins au premier cycle apporterait un ouf de soulagement aux enfants des milieux où les besoin se fait sentir. C’est une doléance. Il faut parfois observer profondément le visage des enfants pour déchiffrer qu’ils souffrent intérieurement.
C’est vrai, on avait eu peur quand l’annonce de l’instauration des cantines avait été faite, peur que des parents d’élèves confondent cette aide momentanée à une prise en charge perpétuelle. Car du gratuit, c’est ce qu’on aime chez nous. Investir dans le suivi des enfants ne nous obnubile guère. On ne mesure rien. On ne programme rien. On improvise. Et on attend le secours des cieux. Hélas ! Dieu n’aime pas les surcharges. Nous devons le savoir, chers parents.
Permettez de vous faire l’histoire ; On a vu dans ce pays, à l’arrivée d’une Ong dont je tais le nom, que même des femmes ayant déjà atteint la ménopause ont forcé le cycle de la reproduction déjà fermé pour y sortir de nouveau-nés parce que la famille voulait bénéficier à tout prix des frais de scolarité, fournitures scolaires, Argent de poche, pagne… c’est la preuve qu’on aime la facilité. Aujourd’hui, l’Ong est partie de ces premières régions. Et la suite, nous la connaissons. En y tirant leçon, on peut trouver dangereuse la venue des cantines. Mais nous nous rendons à l’évidence que l’Etat doit agir aujourd’hui dans les collèges pour sauver les âmes innocentes des mains de la galère pointue. La faim y sévit. Au secours, au nom de l’humanité. Suivez mon regard !!!

Prévert Oléman DJOSSOU (07-11-2019)

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