Chronique du lundi 02/12/2019 : Possotomè á visage découvert

Le développement des milieux de vie se justifie par la présence des infrastructures adéquates. C’est du moins ce pense Prévert DJOSSOU qui décrit le retard que connait POSSOTOME,  une locatité dans la commune de Bopa. Sa chronique est intitulée « Possotomè á visage découvert »

Une localité dont la facette est en déphasage avec l’écho de son nom. Situé dans le département du mono précisément dans la commune de Bopa, POSSOTOME est véritablement connu de nom, même au-delà des frontières béninoises et africaines. Connu grâce à sa source thermale interminable mise  en bouteille par la Société Béninoise de Brasserie, POSSOTOME attire des touristes avec ses villages pittoresques mais son développement reste à penser. « Une localité qui n’est pas totalement chic quand on s’y rend » se disent en sourdine des visiteurs. La beauté de son nom ne rime pas avec les réalités du terrain, insinuent-ils. Il faut y aller pour voir que le développement peine à décoller. POSSOTOME brille par l’absence  d’infrastructures adéquates et nécessaires en son sein. Pas une seule maison des jeunes pendant que d’autres arrondissements frères, les plus enclavés, en détiennent. Pas un seul centimètre de voie pavée si ce n’est qu’une silhouette de bitume l’ayant traversé. De plus, l’absence d’une réverbération commode côtoie chaque soir le long des pistes de desserte rurale. Pistes poussiéreuses par endroit dans un  POSSOTOME non encore loti. Deux petits marchés y trouvent leur loge, celui de Ouassa-kpodji et celui du troc de Sèhomi. Le projet de conservation de crevette s’est transformé en un éléphant blanc au grand carrefour de POSSOTOME. La pose de première pierre pour la construction du lycée technique d’Akokponawa au temps de la ministre Léa HOUNKPE avait laissé les observateurs sur leur faim pendant longtemps. Le  tout premier château d’eau de la localité avait été précédemment ressuscité grâce à l’Organisation Non Gouvernementale Eco-bénin. La gestion scabreuse de ce joyau l’avait laissé en ruine et la ruine continue. POSSOTOME ne mérite-t-il pas d’être un centre urbain ?
Un arrondissement de 10 villages avec une population d’environ 7782 habitants ; un milieu où pêcheurs et agriculteurs se côtoient. Comme le disait un ancien Maire de Bopa, POSSOTOME est le ‘’cordon ombilical’’ de la commune. Mais, les belles paroles ne font pas le progrès, ce sont les actes qui le font. L’Association de Développement Economique Social et Culturel de l’Arrondissement de POSSOTOME  a encore du pain sur la planche. Chacun doit pouvoir y travailler. De dignes fils du milieu ont été promus cadres émérites ; de surcroit, POSSOTOME  a connu deux ministres : Léa HOUNKPE du régime KEREKOU et Théophile MONTCHO du régime YAYI. Et pourtant… En imitant JOSEPH KI-ZERBO, on pourrait se demander « A quand POSSOTOME ? » Maintenant, comment peut-on franchir le rubicond ?
D’aucuns diront que le mal dont souffre POSSOTOME est purement politique. Doit-on toujours pointer un doigt accusateur vers la politique ? La politique est-elle la bête noire, le pire cauchemar qui entrave le développement de POSSOTOME ? Il faudra jouer autrement les cartes car la politique n’est que synonyme de gestion de la cité. Cette gestion devra être bonne pour permettre de boucler les chantiers ouverts. Le développement, pendant que certains y pensent, d’autres ont des appétits politico-politiciens qui les amènent à le freiner. Loin de tout peindre en noire, le chroniqueur voudrait qu’on puisse redorer un vrai blason à  POSSOTOME.

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